J’habite près du chemin de fer. Par ici
bien des trains vont et viennent, et de temps à autre
je regarde les fenêtres lumineuses
planer dans l’obscurité ouatée.
Ainsi les jours illuminés qui s’enchevêtrent
filent dans l’obscurité sans fin à jamais.
Et je suis là dans chaque lueur de fenêtre,
je m’y accoude et je me tais.
Attila Jozsef,Le miroir de l'autre_Extrait
Femme j'étais et sur mon corps délicat j'accueillais mon maître,
comme un instrument à cordes sensible accueille le joueur virtuose,
afin que d'étoiles aiguës et menues étincelle mon sang,
de ma plante des pieds tendre et chatouilleuse à la racine de mes cheveux,
fourmillante armée au fond de mes coquillages aux capillaires bleus,
entre-cuisses, cou, lobe d'oreille, paume, tout donnait et tout prenait miel,
nombre de berceaux angéliques à l'abri dans mon ventre fier
s'ouvraient de volupté, mes seins excités se tendaient,
ma croupe allait sa danse, ardente buée sur mes yeux et mes lèvres,
exténuement fiévreux, ma douce peau en pleurait des perles,
par ma bouche oubliée béante bondissait au-dehors mon coeur
ô que j'envie la pute infâme ! à présent que je ne suis qu'un homme.
Sandor Weöres,XENIIE_Extrait.
J'aime d'un amour clandestin.
Ce que de toi nul n'a aimé :
Le sourd battement enfermé
De ton cœur et de ton instinct.
Nul n'a songé avec douleur
À ces beaux secrets écorchés
Du mouvement intérieur,
Puissant, indomptable et caché !
— Mais moi je sais que c'est ton sang
Qui te fait net, pur, précieux,
Et mon rêve en ton corps descend
Comme vers de plus sombres cieux...
Anna de Noailles,Poème de l'amour_CLXIX.
C'est la première fois que je vois un tel engin à deux places,étonnant!En tous cas,il fallait avoir de sacrés mollets... read more
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